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Ils ont enfin du baume au cœur, les journalistes Web, dont le travail et le rôle ont toujours été relégués au second plan. Toute cette semaine durant (du 17 au 22 novembre), l’Union internationale de la presse francophone (UPF) met à l’honneur la presse en ligne; en consacrant les 41è assises de Yaoundé (Cameroun) au thème:"Éthique et déontologie à l’heure d’Internet. Liberté et responsabilité des journalistes".
Pour ce rendez-vous, l’UPF a pris soin de programmer quatre (4) ateliers (Atelier N° 1 : Internet change-t-il la donne ?; Atelier N° 2 : Régulation éthique des médias ; Atelier N° 3 : Formation des journalistes; Atelier N° 4 : Internet et gestion des médias ); dont les conclusions devraient amener tous ceux qui, jusque là, jettent un regard condescendant sur la presse en ligne à définitivement réviser leur position. Du coup, on a presque envie de croire que les patrons de groupes de presse s’engageront, résolument, sur l’autoroute de l’information. A partir de Yaoundé.
Au-delà du thème retenu, il s’agit manifestement pour l’UPF, à travers les 200 journalistes qui ont fait le déplacement de Yaoundé, de délivrer son passeport à la presse en ligne. En témoignent quelques points autour desquels s’articulent les travaux: Peut-on concilier rapidité de mise en ligne et déontologie ? Si tous les journalistes sont blogueurs, tous les blogueurs ne sont pas journalistes : nécessité de la labellisation de l’information. Doit-il y avoir une formation plurimédia spécifique? Est-il possible d’atteindre l’équilibre économique ? Par quels moyens ? etc. Des réponses que ces 41è assises apporteront à ces différents questions, dépendra certainement la place du journalisme en ligne dans les groupes de presse en Afrique subsaharienne.
Le fait est que, selon la revue Editor and Publisher, certains centres de formation au journalisme ont pris le parti de la prudence, en optant pour l’intégration de ce module dans les parcours déjà existants. D'autres écoles n'ont pas hésité à en faire une "spécialité à part", distincte de la presse écrite, de la radio ou de la télévision. Selon toujours cette source, le choix est d'autant moins facile que les écoles qui s’engagent dans cette voie, sont d’abord confrontées à la définition de ce qu’est le journalisme en ligne. La question cruciale est de savoir : Où commence ce "type" de journalisme --si tant est que cette forme de journalisme à une spécificité--, où s'arrête-t-il ? Quand on ajoute à ces préoccupations, la mauvaise visibilité qu'ont certains patrons sur l’horizon économique de la presse en ligne, ont finit par comprendre pourquoi, sous nos tropiques, le journalisme web est confiné dans un ghetto.
L’espoir demeure toutefois. Il y a fort à parier qu’à l’issue des 41è assises, les patrons de groupes de presse comprendront que le journalisme en ligne ne consiste à pas à transférer intégralement le contenu imprimé vers le site web. Il obéit à un processus de conception et de production journalistique spécifique. Bien plus, certainement que les patrons de groupes de presse comprendront, en fin, que le modèle économique de la presse en ligne est une réalité. Laquelle réalité, sous nos tropiques, peut aussi se décliner en deux points essentiels. A savoir que : 1/ La presse en ligne tire l’essentiel de ses revenus de la publicité. 2/ Le Net ne détruit pas du papier, mais crée des emplois.
TANOH Benoît
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