
Visiblement fatigués, ces nombreux pétitionnaires assis sur les bancs, espèrent être reçu avant la fermeture du centre d'enrôlement du Plateau. Photo: (HERVE ADOU)
Photo2 : Adjamé, malgré la fermeture du point d'enrôlement situé au sein de la mairie, quelques demandeurs décident de rester sur place pour s'inscrire sur la liste du lendemain. Photo: (H. ADOU)
Visiblement fatigués, ces nombreux pétitionnaires assis sur les bancs, espèrent être reçu avant la fermeture du centre d'enrôlement du Plateau. Photo: (HERVE ADOU)
Photo2 : Adjamé, malgré la fermeture du point d'enrôlement situé au sein de la mairie, quelques demandeurs décident de rester sur place pour s'inscrire sur la liste du lendemain. Photo: (H. ADOU)
Etablissement de la carte CNI: C’est vraiment la croix et la bannière dans les centres
De nombreuses personnes rencontrées sur place étaient dans la crainte et à la fois en colère. Parce qu’elles ne parvenaient pas à se faire faire enrôler pour bénéficier du récépissé d’enrôlement, document nécessaire pour se faire établir une attestation d’identité. Ce, en attendant le retrait de la nouvelle Cni.
Elisa Akoua Boni figure parmi ces personnes. Depuis plusieurs jours, cette fille d’environ 19 ans ne fait que rallier, selon elle, le centre d’enrôlement du Plateau et le domicile familial situé dans le secteur du Cercle des rails. Désireuse de se présenter aux concours administratifs, cette année, elle ne ménage aucun effort pour se présenter au centre de sa commune muni de tous les documents requis à cet effet. Malheureusement, elle n’arrive pas à accomplir cette action parce que, précise-t-elle, toutes les fois qu’elle s’est rendue dans le centre, « Je suis soit sur la liste sans pouvoir être prise en compte malgré le fait que je figure parmi les premiers arrivants. Soit ce sont les machines qui se plantent et m’empêchent de passer mon tour », s’inquiète la jeune fille.
Impossible malgré le « lève-tôt »
Au centre situé au sein du service technique de la mairie de Yopougon sis au quartier Lem, c’est un pétitionnaire, nouveau demandeur, en colère et visiblement fatigué qui s’est confié à nous. Du nom de Edgar Golé Ouamane, il a quitté le quartier Maroc de ladite commune à minuit, sa sœur et lui, pour tenter leur chance après cinq aventures infructueuses, raconte-t-il. Une fois sur les lieux aux environs d’une heure du matin, lui qui se croyait matinal bute sur une file qui compte déjà quelques personnes. Une liste de présence est aussitôt dressée et il figure à la 16e place parce que, dit-il, ses devanciers sont pour la majorité arrivés sur les lieux depuis 23 heures ou minuit pour d’autres.Après plusieurs heures dans ce 1er rang formé en face du portail de l’établissement, il se retrouve dans la cour des services techniques et ensuite, sous les bâches dressées pour l’attente. Lorsque l’opération démarre à huit heures, « je suis certain de passer avant midi et rentrer chez moi avec ma sœur ». Erreur ! Ce rêve de M. Golé va se transformer en un cauchemar parce que « jusqu’à 16 heures, pas plus de sept personnes des 16 figurant sur notre liste n’avaient encore été pris en compte ». Et pourtant, confie-t-il remonté, « des personnes sont appelées par l’agent chargé de faire entrer dans la salle. Elles sont enrôlées et partent chez elles sous nos yeux ».
En plus de cette situation plus que déconcertante, Bénédicte Loboué, conseillère en assurance, reproche le manque de bon ton de certains agents. A chaque fois qu’elle s’est retrouvée, poursuit-elle, dans ce centre, elle a été confrontée à une mauvaise approche de ces derniers qui, sans état d’âme, « infiltrent leurs protégés ou ceux qui les soudoient sur la liste au point où, notre présence dans le centre devient une perte de temps ».
Toujours dans le même esprit de mécontentement, ce sont près d’une dizaine de pétitionnaires que nous avons rencontrés dans une atmosphère un peu tendu à l’Annexe de la mairie d’Attécoubé, le 26 février. « C’est tellement lent que je me demande si je pourrai un jour me faire enrôler. Depuis 2 heures du matin, je suis là avec mes amis et à cette heure de la journée, nous n’avons même pas encore été appelés. La vague de quatre qui est entrée dans le bureau n’en ressort pas et il est pratiquement 12 heures. Ce n’est pas croyable que pour cette opération ce soit de ‘’vieilles’’ machines qui soient utilisées en plus du nombre réduit de centre d’enrôlement », dénonce Sangaré Salifou, habitant d’Attécoubé. Il est soutenu par Malick Cissé, qui n’arrive pas à admettre que pour un simple renouvellement de sa Cni, il soit obligé de « se réveiller très tôt et passer toute sa journée sans pour autant être reçu ».
HERVE ADOU