
Un groupe de mareyeuses tente de se faire entendre par les forces de l’ordre et les représentants du ministère. (DR)
Un groupe de mareyeuses tente de se faire entendre par les forces de l’ordre et les représentants du ministère. (DR)
Débarcadère Mohamed VI de Locodjro : Les mareyeuses débrayent et ferment le site
Il y avait du remous ce jeudi 7 mai 2020 au point de débarquement de pêche Mohamed VI de Locodjro. Les mareyeuses membres de la Coopérative des mareyeuses transformatrices des produits halieutiques d’Abidjan (Cmatpha) et celles de la Coopérative des mareyeuses et transformatrices des produits halieutiques de Côte d’Ivoire (Comatph-Ci), montées à bloc, ont fermé l’entrée principale de l’espace.
Visiblement excitées, elles poussaient des cris à travers lesquels l’on pouvait entendre : « Nous avons perdu tout notre fonds de commerce » ; « Nous réclamons les 90 millions promis par le gouvernement pour nous relancer » ; « Nous refusons l’autorisation de mareyeuses autres que celles installées à Abobodoumé », etc.
A l'origine de ce mouvement d’humeur, se trouve le retour à l’ancien point de vente de poisson d’Abobodoumé de nombreuses femmes qui, au départ du projet, avaient été installées en ces lieux par le coordonnateur du débarcadère, en collaboration avec la mairie d’Attécoubé. Selon Gisèle Kra, membre de la Cmatpha, ce retour a maintenu la clientèle à Abobodoumé, et depuis quatre années qu’elles sont installées à ce nouveau débarcadère financé par le Royaume du Maroc, rien ne bouge. « Je suis venue m’installer ici avec plus de 2 millions de F Cfa comme fonds de commerce. Aujourd’hui, j’ai non seulement perdu tout mon fonds mais je suis endettée parce que lorsque je prends le poisson avec les pêcheurs, la lenteur de la vente fait que je n’arrive pas à écouler la marchandise et je peine à m’en sortir. Ce qui fait que nous ne pouvons plus payer le poisson auprès de ces personnes qui préfèrent le vendre à celles d’Abobodoumé d’où nous sommes venues », crie-t-elle.
A ce cri de détresse, Agathe Bléou ajoute la dénonciation de la volonté des dirigeants du débarcadère d’autoriser une quatrième coopérative dénommée Société coopérative avec conseil d’administration des mareyeuses et transformatrices des produits de pêche d’Abobodoumé (Coop-Ca-Comatppa). Selon elle, ce nouveau groupe n’est pas composé de leurs collègues vendeuses installées à Abobodoumé qu’elles souhaitent faire venir au débarcadère pour mieux le faire tourner.
Une promesse de 90 millions de FCfa non tenue par l’État !
Au cours de la manifestation, ces femmes réclamaient au gouvernement, via leur ministère de tutelle, l’appui de 90 millions de F Cfa annoncé par le ministre Kouassi Kobenan Adjoumani, alors ministre des Ressources Animales et Halieutiques. « Vu nos cris de détresse en 2018, l’État de Côte d’Ivoire a décidé de nous apporter un appui financier de 90 millions de F Cfa afin que nous puissions nous relancer. Malheureusement, aucun sou n’a été reçu jusque-là alors que nous broyons du noir. C’est aussi cette promesse que nous voulons voir l’État de Côte d’Ivoire tenir avant de lever notre mot d’ordre », ajoute Agathe Bléou. Avant d’appeler le gouvernement à mettre tout en œuvre pour que l’installation des femmes d’Abobodoumé sur le site du débarcadère Mohamed VI soit effective.
Face à cette situation, Dr Yacouba Koné, coordonnateur du point de débarquement que nous avons rencontré sur place, a tenu à informer que les procédures administratives pour bénéficier de ce financement promis par le gouvernement sont en cours et ne sauraient tarder. Parce que malgré les courriers de relance pour bénéficier de ces fonds qui sont restés sans suite jusqu’à présent, le 6 mai, le ministre des Ressources Animales et Halieutiques, Moussa Dosso, a encore introduit un autre courrier auprès du Premier ministre avec ampliation au ministre de l’Économie et des Finances pour que la situation soit réglée.
Il s’agit, selon lui, d’un montant global de 205 millions de F Cfa à repartir entre ces mareyeuses et les chefferies des villages d’Abobodoumé et Locodjoro afin qu’ils s’investissent dans l’affaire pour faire venir définitivement les femmes d’Abobodoumé au débarcadère. Ce, mis à part les moyens alloués à la formation et à l’achat des matériels qui ont été déjà perçus par le débarcadère et utilisé à ces fins.
Selon le coordonnateur, c'est une question de temps parce que plusieurs courriers ont été adressés aux différentes institutions et ministères compétents qui, « bientôt réagiront grâce au leadership du ministre Moussa Dosso ».
Quant à la coopérative dont les mareyeuses refusent l’installation au débarcadère, Dr Koné Yacouba a indiqué qu’il ne s’agit pas d’autres personnes mais plutôt d’une partie des vendeuses de poisson installées à Abobodoumé. « Elles sont légalement constituées et ont reçu l’autorisation du ministère. Puisqu’il est bien écrit dans les textes qu’elles viennent d’Abobodoumé, elles peuvent être pour nous un moyen de faire venir petit à petit les vendeuses de ce quartier d’Attécoubé que nous souhaitons installer au débarcadère », explique-il.
A l'origine de ce mouvement d’humeur, se trouve le retour à l’ancien point de vente de poisson d’Abobodoumé de nombreuses femmes qui, au départ du projet, avaient été installées en ces lieux par le coordonnateur du débarcadère, en collaboration avec la mairie d’Attécoubé. Selon Gisèle Kra, membre de la Cmatpha, ce retour a maintenu la clientèle à Abobodoumé, et depuis quatre années qu’elles sont installées à ce nouveau débarcadère financé par le Royaume du Maroc, rien ne bouge. « Je suis venue m’installer ici avec plus de 2 millions de F Cfa comme fonds de commerce. Aujourd’hui, j’ai non seulement perdu tout mon fonds mais je suis endettée parce que lorsque je prends le poisson avec les pêcheurs, la lenteur de la vente fait que je n’arrive pas à écouler la marchandise et je peine à m’en sortir. Ce qui fait que nous ne pouvons plus payer le poisson auprès de ces personnes qui préfèrent le vendre à celles d’Abobodoumé d’où nous sommes venues », crie-t-elle.
A ce cri de détresse, Agathe Bléou ajoute la dénonciation de la volonté des dirigeants du débarcadère d’autoriser une quatrième coopérative dénommée Société coopérative avec conseil d’administration des mareyeuses et transformatrices des produits de pêche d’Abobodoumé (Coop-Ca-Comatppa). Selon elle, ce nouveau groupe n’est pas composé de leurs collègues vendeuses installées à Abobodoumé qu’elles souhaitent faire venir au débarcadère pour mieux le faire tourner.
Une promesse de 90 millions de FCfa non tenue par l’État !
Au cours de la manifestation, ces femmes réclamaient au gouvernement, via leur ministère de tutelle, l’appui de 90 millions de F Cfa annoncé par le ministre Kouassi Kobenan Adjoumani, alors ministre des Ressources Animales et Halieutiques. « Vu nos cris de détresse en 2018, l’État de Côte d’Ivoire a décidé de nous apporter un appui financier de 90 millions de F Cfa afin que nous puissions nous relancer. Malheureusement, aucun sou n’a été reçu jusque-là alors que nous broyons du noir. C’est aussi cette promesse que nous voulons voir l’État de Côte d’Ivoire tenir avant de lever notre mot d’ordre », ajoute Agathe Bléou. Avant d’appeler le gouvernement à mettre tout en œuvre pour que l’installation des femmes d’Abobodoumé sur le site du débarcadère Mohamed VI soit effective.
Face à cette situation, Dr Yacouba Koné, coordonnateur du point de débarquement que nous avons rencontré sur place, a tenu à informer que les procédures administratives pour bénéficier de ce financement promis par le gouvernement sont en cours et ne sauraient tarder. Parce que malgré les courriers de relance pour bénéficier de ces fonds qui sont restés sans suite jusqu’à présent, le 6 mai, le ministre des Ressources Animales et Halieutiques, Moussa Dosso, a encore introduit un autre courrier auprès du Premier ministre avec ampliation au ministre de l’Économie et des Finances pour que la situation soit réglée.
Il s’agit, selon lui, d’un montant global de 205 millions de F Cfa à repartir entre ces mareyeuses et les chefferies des villages d’Abobodoumé et Locodjoro afin qu’ils s’investissent dans l’affaire pour faire venir définitivement les femmes d’Abobodoumé au débarcadère. Ce, mis à part les moyens alloués à la formation et à l’achat des matériels qui ont été déjà perçus par le débarcadère et utilisé à ces fins.
Selon le coordonnateur, c'est une question de temps parce que plusieurs courriers ont été adressés aux différentes institutions et ministères compétents qui, « bientôt réagiront grâce au leadership du ministre Moussa Dosso ».
Quant à la coopérative dont les mareyeuses refusent l’installation au débarcadère, Dr Koné Yacouba a indiqué qu’il ne s’agit pas d’autres personnes mais plutôt d’une partie des vendeuses de poisson installées à Abobodoumé. « Elles sont légalement constituées et ont reçu l’autorisation du ministère. Puisqu’il est bien écrit dans les textes qu’elles viennent d’Abobodoumé, elles peuvent être pour nous un moyen de faire venir petit à petit les vendeuses de ce quartier d’Attécoubé que nous souhaitons installer au débarcadère », explique-il.