Patrimoine : La femme, révélatrice de l’Abissa, célébrée
l’Honorable Célestine Trazéré...ont honoré de leur présence cette journée spéciale des femmes. Et au Palais Royal de Grand-Bassam, Marie-Irène Richmond Ahoua, Sénatrice et vice-présidente de l’association Mi Yébié a su traduire la gratitude des femmes N’Zima à leurs illustres hôtes. Cette journée spécialement dédiée à la femme traduit l’intérêt et l’importance que la société N’Zima accorde à la femme. Parce que chez les N’Zima, la femme « est le pilier de transmission des valeurs sociales et morales ». Ce que confirme Dr Ekra Gnankon Christophe-Richard, enseignant-chercheur à l’université Félix Houphouët-Boigny et vice-président de la commission tradition de l’Abissa, au cours de la conférence qu’il a animée dans la matinée de ce même mercredi. En effet, selon lui, l’Abissa a été révélé à une femme.
La légende rapporte que dans ses travaux champêtres, une femme du clan N’vavilè entendit des sons de tambour autour de sa parcelle. Elle s’en approcha et découvrit des êtres de petites tailles, parés des attributs de sept familles qui exécutaient des pas de danse. Cela a duré sept jours et tout le village venait de découvrir, à travers cette femme, l’Abissa et a décidé de s’en approprier avant de comprendre plus tard que cette danse sert à conjurer le sort, les catastrophes, la famine qui s’abattent sur les populations. Mais aussi, elle sert à proférer la paix, la cohésion sociale, l’entente, le vivre-ensemble. Des années s’écoulent et l’Abissa reste toujours une institution au service de la cohésion et de l’unité du peuple N’Zima. « Car, au cours de cette période, nous dressons le bilan annuel, la critique sociale au service de la bonne gouvernance revêt un caractère particulier », a fait savoir Marie-Irène Richmond Ahoua qui s’est aussi félicitée de la mobilisation de ses sœurs autour de la Reine-mère Obachiman Nguettia Eba Sophie. Une manifestation de la mise en œuvre des objectifs de l’association « qui se déclinent en la promotion du genre féminin à travers diverses activités favorisant la paix préalable au développement économique et social, l’insertion sociale, l’autonomisation des femmes... », a ajouté Marie-Irène Richmond.
La ministre de la Culture et de l’Industrie des arts et du spectacle, Harlette Badou N’Guessan, émerveillée par la richesse de la culture des N’Zima, a réitéré son soutien et partant, le soutien du Chef de l’État Alassane Ouattara à toutes les activités visant à valoriser les richesses culturelles dont regorge la Côte d’Ivoire ». C’est donc avec beaucoup de plaisir qu’elle a vu défiler, à la place Abissa, les danseurs notamment des familles Ndjuafo et Ezohilé présentant leurs différents symboles.