Monographie succincte: La Vallée du Bandama, un district en pleine mutation
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Quant à la région du Hambol, d’une superficie de 19 122 km², elle est située au centre nord du pays. Elle est délimitée au nord par les régions du Poro et du Tchologo, au sud par les régions du Gbêkê et de l’Iffou, à l’est par les régions du Boukani et du Zanzan et à l’ouest par la région du Béré.la population est estimée à 429 977 habitants, selon le RGPH 2014. Le Hambol est habité par les Tagbana, les Djimini, les Djamala, les Mangoro et les Malinkés. En plus, une forte communauté d’allogènes et d’allochtones venue de divers horizons vivent en parfaite harmonie avec les autochtones. La ville de Katiola constitue une étape incontournable de l’axe Abidjan-Korhogo, axe principal du commerce ivoirien avec les pays frontaliers du nord (Mali et Burkina-Faso).
Le District compte :
2 régions : Hambol et Gbèkè ;
7 départements ;
39 sous-préfectures dont 28 fonctionnelles ;
66 Commune, dont 19 fonctionnelles ;
924 villages ;
2 Préfets de région ;
5 Préfets de départements ;
36 Sous-Préfets ;
38 départements ministériels déconcentrés ;
13 bailleurs de fonds et partenaires au développement y sont présents.
Après les années de crises, le District de la Vallée du Bandama, pour reprendre la voie du développement, a eu à répondre aux enjeux suivants :
- la restauration complète de l’autorité de l’État et de la paix entre les communautés ;
- une reprise de l’activité industrielle, agricole et commerciale en assurant la sécurité du transport de marchandises entre les différents axes du pays ;
- un développement socio-économique qui tire parti du potentiel humain, des richesses agricoles, minières et touristiques passant par une remise à niveau des infrastructures (routes, transport, bâtiments publics) permettant d’y arriver.
Aujourd’hui, le District de la Vallée du Bandama est en pleine mutation, fort des acquis des dix dernières années de développement et de ces importantes potentialités.
En effet, le District de la Vallée du Bandama dispose d’une grande variété de ressources naturelles aussi bien hydrographiques que géologiques ou biologiques. Il est traversé par de nombreux cours d’eau, notamment par le fleuve Comoé à l’Est, et le Bandama Blanc à l’ouest.
Son sol est très riche est très riche, mais extrêmement fragile. Dès l’instant où le couvert forestier qui les protège de l’érosion est détruit, ce sol se transforme rapidement en cuirasse par suite d’une latéritisation. Les oxydes de fer et d’alumine colloïdale précipitent pour former des nodules qui, s’ils se soudent, forment des cuirasses définitivement stériles.
Le District comporte •
33 forêts qui s’étalent sur près de 600 000 hectares ;
une (01) réserve de faune et de flore du Haut Bandama de 123 000 hectares.
Le secteur primaire :
Premier contributeur au PIB du District, le secteur primaire est largement dominé par l’agriculture. Les cultures vivrières sont encore majoritaires à ce jour, portées principalement par l’igname et le manioc. Le District de la Vallée du Bandama est également une terre de cultures de rentes, notamment le coton et l’anacarde, qui s’appuient sur les usines de transformations industrielles au niveau de la ville de Bouaké.
L’élevage, bien qu’important, est traditionnel et familial et ne permet pas la structuration des acteurs, créant ainsi des conflits entre éleveurs et agriculteurs du fait de la destruction des cultures par les ruminants.
Le secteur secondaire :
Le secteur industriel connait quelques difficultés depuis la crise militaro-politique de 2002 avec la fermeture des usines emblématique de la ville de Bouaké telles que les Etablissements Robert Gonfreville et Trituraf SA.
Une nouvelle ère s’annonce avec l’implantation de récentes unités industrielles notamment OLAM Côte d’Ivoire, Cajou Côte d’Ivoire, ainsi que la création en cours d’une zone franche textile et la relance de l’industrie existant (SITAB, CIDT, Oléhol Industrie SA(Ex-Trituraf)).
Tourisme et Artisanat
Le Chef-lieu de la nouvelle circonscription administrative, Bouaké s'est rendue célèbre à travers son carnaval, événement culturel fortement médiatisé jusqu'à une date récente.
L’artisanat constitue la base du tourisme dans le District de la Vallée du Bandama. La forge, la sculpture, le tissage, la poterie sont les principales activités artisanales. Le District s’étend sur deux aires culturelles distinctes (Akan et Gur) avec chacune un type d’artisanat particulier :
- La sculpture et le tissage sont présentes dans l’aire Akan au sud du District ;
- A l’inverse, les poteries et les forges sont plus présentes en pays Gur, avec notamment, les
Tagouana et les Djimini qui possèdent une longue tradition de potiers.
Bouaké regorge de potentialités touristiques énormes : la cour royale (la tombe des rois) dans le quartier Walèbo à Sakassou; les poteries de Wassou dans la Sous-préfecture de Dibiri Assrikro et Tanou Sakassou (route de Brobo); le Goli oka (lieu d’observation d’hippopotames de Bourébo, Sous-préfecture de Kondrobo ; les vastes labyrinthes de grottes préhistoriques à Agbassi, Sous-préfecture de Béoumi; les fortifications de Samory Touré à Marabadiassa; un parc animalier et réceptif hôtelier de N’Zi River lodge dans la Sous-préfecture de Brobo; la cathédrale Sainte Thérèse, le Monastère des Bénédictions et Bénédictines; la teinture de Dar-es-Salam; le centre de formation artisanale des handicapés physiques dans la commune de Bouaké et les forgerons de Djébonoua.
Katiola (chef-lieu de la région du Hambol) est le berceau du sous-groupe ethnique Mangoro qui transmet un savoir-faire de poterie ancestral, de génération en génération, de mère en fille. L’aire culturelle du Gur est connue pour la poterie artistique et utilitaire à l’argile rouge permettant de produire plusieurs types de produits (outils, ustensiles, masques, statuettes...).
Le secteur tertiaire :
Commerce
Activité principalement exercée de façon informelle par des personnes n’ayant pas forcément reçu de formation professionnelle particulière, le commerce occupe pourtant un actif sur 10 en Côte d’Ivoire. Il en est de même pour le District de la Vallée du Bandama qui, en raison de sa position centrale, occupe une place prépondérante dans les échanges intérieurs et extérieurs.
Le Marché de Gros dont dispose Bouaké est le premier maillon d’un important réseau de Marchés d’Intérêts National ayant pour objectifs de :
- améliorer les conditions d’écoulement de la production vivrière ;
- regrouper en un seul lieu les offres de producteurs pour faciliter les opérations de distribution des commerçants grossistes en produits vivriers ;
- sécuriser l’approvisionnement des zones urbaines en produits vivriers ;
- augmenter les revenus des producteurs et des commerçants ;
- faciliter les échanges tant sur le plan national qu’international.
Il existe 2 postes de Douane dans le District de la Vallée du Bandama, situés à Bouaké. Les principaux postes de dépenses d’importations dans le District de la Vallée du Bandama concernent:
- Les autres biens de consommation, qui représentent plus de 50% des importations majoritairement composées d’automobiles (97% des biens intermédiaires).
- Les biens d’équipement qui pèsent pour 46% des importations principalement du matériel de transport routier (72%) et des machines mécaniques. Représentant 583 tonnes en 2014, ils se composent principalement de matériel de transport (72%).
Le marché de Gros de Bouaké a été inauguré le 16 avril 1998, il est composé de plusieurs séries de hangars en dur où les commerçants sont regroupés par spéculation. Les cargaisons sont pesées puis les transactions s’effectuent entre les grossistes et les détaillants qui ravitaillent les marchés de consommation de la ville. Le marché se compose de 370 magasins pour les cultures vivrières réparties de la manière suivante
141 pour la filière céréales ;
108 pour la filière ignames ;
44 pour la filière fruits et coco ;
40 magasins pour la filière légumes ;
6 magasins pour la filière manioc ;
26 magasins pour la filière oignon ;
5 magasins pour diverses filières.
Les infrastructures socio-économiques :
Bouaké dispose de plusieurs équipements publics, parapublics et privés concentrés dans le centre-ville. 29,6% de la superficie occupée par les équipements concernent des établissements scolaires et 27% des équipements de sécurité.
Electrification : A fin 2020, le District comptait 747 localités électrifiées sur les 924 recensées de plus de 500 habitants et affichait un taux de couverture d’environ 81% contre 21% en 2011, au-dessus de la moyenne nationale de 79,61%.
L’accès à l’eau potable est assuré dans le District de la Vallée du Bandama comme dans l’ensemble des Districts de Côte d’Ivoire par 3 types de systèmes hydrauliques :
L’hydraulique urbaine : desserte des agglomérations urbaines des chefs-lieux de régions et de départements via la SODECI.
L’hydraulique villageoise améliorée (HVA) : système d’adduction à l’eau potable composé d’un forage équipé de pompe électrique, d’un réservoir surélevé et d’un réseau simplifié alimentant des bornes fontaines équitablement réparties dans le village.
L’hydraulique villageoise : approvisionnement en eau potable des communautés villageoises dans le cadre du Programme National d’Hydraulique Villageoise (PNHV) à travers l’exploitation des eaux souterraines de préférence. Les critères d’adduction d’eau des localités rurales étant de 1 point d’eau pour une localité de 100 à 600 habitants et une pompe supplémentaire pour chaque tranche additionnelle de 400 habitants.
Le District de la Vallée du Bandama affiche un taux de couverture en matière d’accès à l’eau potable assez satisfaisant. Ce taux se situe entre 85 et 100% contre un taux moyen national de 77%
En matière d’hydraulique villageoise améliorée (HVA), 21 localités du district sur un total de 57 localités éligibles en ont été équipées en 2021, soit un taux de 36,84%contre un taux moyen de couverture au niveau national de 41%. Le besoin restant à combler se situe au niveau de 36 localités contre 668 de besoin en HVA au niveau national.
Quant au volet hydraulique villageoise, le district compte 17 799 points d’eau pour un besoin estimé à 27421, soit un taux de couverture global de 65%.
Santé :
Le district de la vallée du Bandama a bénéficié, sur la période de 2014 à 2018 de la Construction de 51 Etablissements Sanitaires de Premier Contact (6 dans le Hambol et 45 dans le Gbêkê).
A fin décembre 2020, le district comptait 233 Etablissements Sanitaires de premier Contact (ESPC), environ 8 professionnels de santé pour 10.000 habitants, pour un taux de fréquentation de 60%.
En matière de surveillance de la pandémie COVID-19, en 2020, le district a enregistré 240 cas positifs sur 984 échantillons testé, soit un taux de 24,4%.
Au titre de la santé maternelle et infantile, au cours de l’année 2020, le district a enregistré sur un total de 39 877 accouchements dont 4062 naissances à domicile, soit un taux de 10,2% et 869 décès, soit un taux de 22‰.
Les projets en cours d’exécution dans le district de la Vallée du Bandama sont les suivants :
1. Bouaké :
La construction d’un nouveau CHR à vocation de futur CHU d’une capacité de 150 lits au démarrage. L’achèvement est prévu pour octobre 2022 ;
La construction d’un hôpital Militaire moderne d’une capacité de 100 lits ;
La construction et/ou la réhabilitation d’une trentaine d’ESPC.
2. Katiola :
La construction du CHR de Katiola : 100 lits. L’achèvement est prévu pour Juin 2022 ;
La construction et/ou la réhabilitation d’une vingtaine D’ESPC.
Education-formation :
Bouaké regorge de nombreux établissements de référence en matière d’éducation, d’enseignement technique et de formation professionnelle dont les plus célèbres sont le Lycée Classique, le Lycée 2, le lycée moderne des jeunes filles, le Lycée technique, le collège technique, etc.
Ces lycées ont vu éclore de nombreux hauts cadres du pays parmi lesquels Monsieur Guillaume Soro, ancien Premier Ministre et ancien Président de l'Assemblée nationale, le Président du Sénat Monsieur AHOUSSOU KOUADIO Jeannot, le Président de la Cour Constitutionnelle, Monsieur KONE Mamadou, Madame la Ministre d’Etat Kandia CAMARA, l’Ambassadeur Daouda DIABATE, actuel Secrétaire Général du ministère d’Etat, Ministère des Affaires Etrangères, etc.
Le District se caractérise principalement, ces dernières années, par la sous-scolarisation des enfants avec des taux de scolarisation parmi les plus bas du pays, et ce sur tous les cycles scolaires à l’exception du préscolaire.
Les filles sont fortement impactées par cette sous-scolarisation, et ce dès le cycle préscolaire mettant en exergue les difficultés de la gent féminine pour accéder à l’éducation et poursuivre leurs études. Toutefois, le District a vu la construction de 2510 salles de classes au préscolaire et au primaire, et 15 Collèges et Lycées.
Dans l’optique de redynamiser le système éducatif de la région et améliorer les conditions d’apprentissage, le Gouvernement a entrepris depuis quelques années, la réhabilitation de certains établissements dont le Lycée technique, le Centre de Bureautique, de Communication et de Gestion (CBCG).
Le CBCG qui précédemment était logé dans l’enceinte du Collège d’Enseignement Technique de Bouaké, a été définitivement relocalisé dans les ex-locaux de l’Ecole française après une rénovation complète. Aujourd’hui c’est un établissement qui se veut un pôle d’excellence avec des commodités et des équipements pédagogiques de pointe et une vitrine de l’excellence en matière de formation professionnelle dans le District de la Vallée du Bandama.
Université et centres de recherche :
La capitale du district de la Vallée du Bandama abrite la 2ème plus grande université de Côte d’Ivoire. Créée en 1992, l’Université Alassane Ouattara fut d’abord le Centre universitaire de Bouaké avant de devenir, le 20 novembre 1995, une Université autonome dénommée Université de Bouaké. L’Université de Bouaké forme aux métiers des sciences économiques et de gestion, des sciences juridiques et administratives, des sciences médicales, etc.
En janvier 2012, après 10 ans de délocalisation à Abidjan du fait de la crise militaro-politique de 2002, l’Université retourne enfin sur son site originel, à Bouaké. À la faveur du Programme d’Urgence Présidentiel, une grande partie de ses infrastructures a été réhabilitée et équipée. Elle est désormais dénommée « Université Alassane Ouattara, en abrégé, UAO ».
L’université cohabite avec de nombreux centre de recherches notamment le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), le Centre de Recherche d'Africa Rice (Ex-ADRAO), l’Institut Pierre Richet (Ex- Centre Entomologique de l’Onchocercose).
Routes et ponts :
Dans le cadre du Programme d’Entretien Routier, les itinéraires traités dans le District de la Vallée du Bandama sur la période 2014-2019, cumulent à 3648,08 Km à raison de 1906,5 dans le Gbêkê et 1741,58Km dans le Hambol.
Par ailleurs, l’autoroute du nord devrait arriver à Bouaké, Capital du district, en 2022 avec l’achèvement du tronçon Yamoussoukro – Tiébissou long de 35 Km et Tiébissou – Bouaké long de 67Km. Ce qui ouvrirait de plus grandes opportunités, notamment d’accessibilité, de fluidité et d’échanges entre la Capital économique et la capitale politique ainsi que les autres régions et les pays de l’hinterland .(Burkina, Mali, Niger).
D’importants travaux de voiries dans les villes, d’aménagement, de reprofilage et/ou de bitumage des principales voies d’interconnexion des localités du district sont en cours ou programmés sur 2022-2025 dans le cadre du PND 2021-2025.
Transport :
En ce qui concerne le secteur des transports, la SOTRA a lancé officiellement ses activités à Bouaké le 24 septembre 2021. Traduisant ainsi en acte concret la volonté du Gouvernement à améliorer la mobilité urbaine des populations. Dans cette veine, le transport urbain de la capitale de Gbêkê sera bientôt renforcé avec la mise en circulation de nouveaux taxis communaux, à l’image des taxis « IVOIRE » à Abidjan.
En effet, le district de la Vallée du Bandama et, principalement la ville de Bouaké dispose d’un potentiel énorme en matière de transports à développer. Qu’il s’agisse du domaine routier, aérien ou ferroviaire.
Ville carrefour, Bouaké voit transiter des milliers de voyageurs venant des quatre coins du pays.
A Bouaké, sont représentées les quatre (04) grandes compagnies privées de transport routier que sont : Union des Transports de Bouaké (UTB), Transports AVS, Compagnie de Transport Express (CTE) et Labelle Transport. Chacune de ces compagnies dispose d’un parc de plus de 100 autocars.
La ville de Bouaké dispose aussi d’un aéroport entièrement rénové. Elle est desservie par le réseau du chemin de fer, avec une importante gare ferroviaire située au centre-ville.
Sport :
Bouaké s’apprête à abriter la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023 tout comme les villes d’Abidjan, de Yamoussoukro, Korhogo, San Pedro. La préparation de ce grand événement continental met la capitale du district de la vallée du BANDAMA en chantier.
Les grands édifices en voie d’achèvement concernent la construction d’un stade rénové et transformé en plein centre-ville, quatre terrains d’entraînement, une cité CAN de 32 villas splendides dans le charme du quartier résidentiel de Kennedy.
Les acquis de cet événement devraient permettre de relancer le sport roi à Bouaké, ville qui a vu émerger des talents nationaux comme Fanny Ibrahima (actuel PCA du Conseil Hévéa-Palmier à huile), feu Laurent Pokou, feu Kobenan Kouman, Gnahoré Dépié Emile, Guédé Gba Ignace, etc. Ce sont de nouvelles opportunités pour notre jeunesse qui sont ainsi créées.