
Démocratie et cohésion sociale : Pr Martin Bléou revisite les notions de démocratie et citoyenneté
« J’ai fait le constat, dans plusieurs pays africains, que tout le monde se plaint de la façon dont les élections sont organisées. Tout le monde se plaint des résultats. Mais aussi de ce que les électeurs votent selon des critères communautaires, régionaux, ethniques, religieux... Tout, sauf celui qui devrait orienter le vote, c’est-à-dire le programme du candidat. C’est un problème majeur de notre jeune démocratie que le vote soit dicté par ce qui ne devrait pas. Dans certaines campagnes électorales, je note qu’il y a bien des candidats qui ont une idée claire des solutions qu’ils proposent. D’où vient alors que le vote des citoyens soit mal géré ? Mon hypothèse est qu’il y a problème de communication », a situé Irel Flora.
Elle compte engager son Ong dans l’éducation des populations ivoiriennes sur la citoyenneté afin qu’en toute responsabilité, chaque habitant de ce pays aille désormais aux urnes sans crainte de se faire agresser ou d’agresser autrui pour ses choix politiques.
Cette cérémonie a été l’occasion pour l’assistance de s’abreuver à la source du Pr Martin Bléou, constitutionnaliste, au cours du panel animé par ce dernier, et Eric Aimé Semien, président de l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (Oidh) ainsi que Dr Georgette Zamblé, fonctionnaire au Pnud.

« Le citoyen et le national sont indétachables. De la nationalité procède la citoyenneté. Lorsqu’on est national d’un Etat, on est lié à cet Etat par un lien juridique, comme la religion nous lie à Dieu. De cette qualité découlent des conséquences de tous ordres, surtout les conséquences juridiques. Ainsi, il y a des droits dont celui de prendre part à la vie politique à travers la participation à la prise de décision, la possibilité de se porter candidat aux différentes élections, la possibilité de participer à la désignation des dirigeants. Le citoyen est un acteur de la vie de l’Etat et a une part prépondérante à la vie de cet Etat en tant que national revêtu des droits civils et politiques. Le citoyen étant celui qui, jouissant de la nationalité de l’Etat, se trouve revêtu des droits civiques et politique, et prend part à la vie de cet Etat », a enseigné Pr Bléou.
Eric Aimé Semien a souligné que la communication est une nécessité pour la transformation qualitative de la société. Et que pour ce faire, il faille communiquer des valeurs cardinales comme la probité, le travail, la patience, la discipline car c’est pour avoir manqué ce rendez-vous que la société ivoirienne est abonnée à la violence tous azimuts.
Dr Georgette Zamblé, spécialiste genre et autonomisation en milieu rural au Pnud, n’a pas manqué de souligner que valoriser la femme en lui accordant toute la place qui lui revient va aider à régler les inégalités sociales, base des violences sociales.
Marie-Catherine Kouassy, directrice générale de Radio Cocody, et Dr Boga Sacko Gervais et bien d’autres personnalités ont honoré la cérémonie de leur présence, non sans promettre d’aider Irel Flora à réussir son challenge pour une Côte d’Ivoire apaisée.
Firmin N’Dri Bonfils