
Pdci-Rda : Comment relancer la machine
À l’intérieur de la salle du bureau politique, les élus et cadres du parti sont réunis pour rendre un dernier hommage à celui qui devait être le candidat de leur parti aux municipales, dans la circonscription électorale de Daloa.
Dans la cour, des militants échangent par petits groupes. Ils devisent, analysent les résultats des dernières élections locales. Ces militants échangent aussi sur l’avenir de leur formation politique.
Pour certains, leur parti a subi un gros échec. Quand d’autres impute ce camouflet à la fraude. Chacun y va de son commentaire.
Le président de la Jeunesse urbaine, Valentin Kouassi, met l’échec de son parti aux élections locales au compte de plusieurs facteurs, notamment la disparition subite du président Henri Konan Bédié et du vice-président Ouassénan Koné, l’indiscipline de certains cadres et de nombreuses irrégularités.
Il reconnaît que son parti a régressé en termes de sièges obtenus. « Il faut être honnête et dire que le parti a régressé par la méchanceté et la mauvaise foi de certains de nos élus et cadres. Ils ont pensé à leurs intérêts personnels », regrette-t-il.
Et de reconnaître : « C’est la désunion qui nous a fait perdre le N’Zi, la Marahoué. Il est temps qu’on se ressaisisse ». Et se ressaisir, pour lui, c’est d’aller rapidement au congrès, en octobre, pour mettre en place les nouveaux organes qui relanceront la machine.
"Avec ces décès brusques, le bilan des élections locales et sénatoriales qui n’est pas fameux, il faut qu’on aille au congrès pour réorganiser le parti", soutient-il.
A l’en croire, il n’est pas question d’oublier ces propos de l’ancien président Henri Konan Bédié : "La force de toute armée, c’est son unité et le respect". Il faut arriver rapidement à l’unité pour forcer le respect qui permettra d’aller de l’avant.
Pour relancer la machine, selon le président de la jeunesse rurale, Innocent Yao, il n’y a pas 36 solutions. Il propose la piste de la grande union.
C’est pourquoi il prône la cohésion pour remettre le parti sur les rails, après ces décès et les résultats mi-figue mi-raisin aux municipales, régionales et sénatoriales.
« Depuis le décès du président Henri Konan Bédié, nous sommes orphelins. Il a lutté pendant 24 ans pour ramener le Pdci-Rda au pouvoir, mais il n’a pas pu gagner ce challenge. Si ce n’est pas dans l’union, je ne vois pas comment la lutte personnelle d’un cadre ou d’un militant peut amener le Pdci-Rda au pouvoir », estime-t-il.
À l’en croire, c’est dans l’union et la cohésion que le Pdci-Rda pourra relever le défi d’une alternative démocratique. « Notre union pourra rassurer les Ivoiriens », ajoute-t-il. Et de lancer un appel à la jeunesse afin de se mobiliser autour du président intérimaire pour relancer la machine Pdci.

Quant à Didier Koffi, membre du Bureau politique, s’il admet que le Pdci-Rda a subi une grosse perte avec le décès de Henri Konan Bédié, pour lui, l’avenir n’est pas sombre. Son parti, fait-il savoir, a des « racines solides ».
Afin de donner un nouveau souffle au Pdci-Rda, il faut l’encadrement à la base. Toutefois, il avoue que les élections locales ont divisé les militants. « Il faut retourner à la base en vue de prôner l’union des militants. Le président Cowppli-Bony doit ramener la cohésion au sein de la famille afin d’aller au congrès et de renouveler les instances de notre parti », propose-t-il.
Après une rencontre avec le président intérimaire, le 19 septembre dernier, Sita Coulibaly, présidente de l’Ufpdci urbaine, a, conformément au message reçu, souligné la nécessité de continuer sans relâche à dynamiser leur parti.
« Le Pdci-Rda doit montrer l’unité et le déterminisme qui nous animent. Nous devons continuer à entretenir le parti comme nous l’a laissé le président Bédié, dans l’unité, l’amour », a-t-elle insisté.