Protection de l’enfant : Le forum des Ong fait son autocritique

Photo de famille à l'issue de l'Ago. (Franck YEO)
Photo de famille à l'issue de l'Ago. (Franck YEO)
Photo de famille à l'issue de l'Ago. (Franck YEO)

Protection de l’enfant : Le forum des Ong fait son autocritique

Le 10/12/23 à 16:37
modifié 11/12/23 à 05:15
Le forum des Ong d’aide à l’enfance en difficulté a organisé les 8 et 9 décembre 2023, à Abidjan-Cocody, son Assemblée générale ordinaire (Ago), pour faire le bilan de ses activités de l’année 2023.

Pour cette année qui s’achève, plusieurs actions ont été menées sur le terrain en vue de la promotion et de la protection des droits des enfants et surtout leur faire connaître leurs droits.

En effet, selon le rapport présenté par Louise Monguiro, secrétaire exécutive du forum des Ong, dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des droits des enfants en Côte d’Ivoire, il y a eu, entre autres, le plaidoyer auprès du ministère de la Justice à travers la direction de la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse pour des réformes juridiques visant à interdire les punitions physiques et humiliantes sur l’enfant ; un plaidoyer pour la lutte contre le mariage des enfants en Côte d’Ivoire et aussi pour l’amélioration des conditions des filles domestiques.

Le forum a également procédé au renforcement des membres sur le processus de soumission des rapports de la Cadbe et de la Cde ; sur la sauvegarde de l’enfant et les Peas ; sur la communication digitale, le genre et sur l’analyse de l’espace civique.

En ce qui concerne la participation effective et efficace des enfants à la promotion et à la protection de leurs droits, l’on note la formation de la plateforme des organisations de l’enfant sur les punitions physiques et humiliantes et sur les dispositions juridiques en la matière ; la commémoration des journées statutaires de la protection de l’enfant et la participation à l’atelier régional d’élaboration du référentiel de la participation des enfants en Tunisie.

Comme autres actions posées le forum des Ong, on note la mise en place d’un logicil de documentation des initiatives des Oscet de collecte de violation des droits des enfants qui a été mis à la disposition de certains membres ; la consultation de 120 organisation de protection de l’enfant dans le cadre de l’élaboration du rapport complémentaire Cadbe de la société civile, et l’élaboration, la soumission et la présentation du rapport complémentaire en septembre 2022 auprès du comité africain des experts pour les droits et le bien-être des enfants.

La conseillère d’éducation préscolaire, Brigitte N’Gbé, à la direction de la protection de l’enfant (Dpe), du ministère de la femme, de la famille et de l’enfant, a félicité le président du forum des Ong et ses collaborateurs pour le travail qu’ils abattent au quotidien pour la promotion et la protection des droits des enfants. Aussi, a-t-elle souligné que plusieurs actions sont en cours au niveau de la Dpe en vue de permettre aux enfants mendiant de quitter la rue. « Il faut certainement leur trouver des activités génératrices de revenu pour leur permettre de se prendre en charge », dit-elle.

Près de 50 cas de victimes sexuelles pris en charge chaque année

Le professeur Ossei Kouakou, président du forum des Ong de Côte d’Ivoire, a rappelé qu’il s’agit d’une introspection pour voir ce qui a été fait au cours de cette année, voir ce qui a marché et ce qui ne l’a pas été, mais également de faire des projections dans le futur. A l’issue de cette Assemblée dit-il, sept autres membres ont été intégrés. « C’était une occasion pour nous de réfléchir sur ce que nous faisons pour la protection, la promotion des droits des enfants afin qu’ils puissent vivre dans un environnement sain pour que nous ayons des adultes de demain bien formés et que la société ivoirienne puisse tirer profit de leurs compétences et de leurs capacités », a expliqué professeur Ossei.

Pour lui, la protection de l’enfant est un combat de longue haleine, car en dépit des actions de sensibilisation, de protection, il y a toujours des cas de violation des droits des enfants. « C’est ce qui montre que nous avons beaucoup encore à faire. Donc on ne peut pas dire que nous avons atteint nos objectifs parce que, si un seul enfant ivoirien est victime de maltraitance, de non-respect de ses droits, cela veut dire que nous avons encore raison de continuer nos actions », a poursuivi le président du forum des Ong.

Pour les cas de violence en 2023 en Côte d’Ivoire, le professeur Ossei Kouakou lance la carte de la prudence. « Il est difficile d’avoir des statistiques exactes parce que nous avons plusieurs organisations. Parce que quand vous prenez par exemple Sos violence sexuelle on se rend compte que très souvent en moyenne, nous prenons en charge près de 40 à 50 cas de victimes sexuelles au cours de l’année. Alors si on établit sur l’ensemble des Ong que nous avons, ce sera un chiffre très important et c’est déplorable. Nous devons œuvrer à ce que cette proportion de victimes puisse être réduite », fait-il savoir.

Il faut noter que cette assemblée générale ordinaire a également servi de cadre au forum des Ong de faire le toilettage de ses textes.


Le 10/12/23 à 16:37
modifié 11/12/23 à 05:15