Une nouvelle ère pour la finance ivoirienne : ITAM, au service de l’État et du secteur privé

Une collaboration gagnant-gagnant pour les deux parties. (Ph: Dr)
Une collaboration gagnant-gagnant pour les deux parties. (Ph: Dr)
Une collaboration gagnant-gagnant pour les deux parties. (Ph: Dr)

Une nouvelle ère pour la finance ivoirienne : ITAM, au service de l’État et du secteur privé

Le 03/04/25 à 11:27
modifié 03/04/25 à 12:39
Dans un monde en mutation rapide où la digitalisation redéfinit les économies, la Côte d’Ivoire sera le premier pays africain à se doter d’un projet capable de transformer durablement ses finances publiques, sa souveraineté numérique et son attractivité régionale : le projet Itam. La Côte d’Ivoire sera le leader africain.

Élaboré en collaboration avec des institutions locales et internationales, cette plateforme financière digitale représente une opportunité historique pour moderniser l’État, accroître ses recettes et faire du pays un leader africain en matière de conformité et de gouvernance. ITAM attend le feu vert politique pour son lancement.

Un projet né d’un partenariat stratégique entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire

Le projet ITAM est le fruit d’un travail de fond mené par le Service de Promotion Économique de la Côte d’Ivoire en Amérique (Speci), basé à New York. Cette représentation économique a pour mission d’identifier des opportunités d’investissement et des solutions technologiques capables d’accompagner la transformation économique du pays.

Dans ce cadre, SPECI a mené des recherches approfondies, avant de recommander PayServices, une entreprise experte en infrastructures souveraines, pour développer une solution dédiée à la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que le projet Itam a été conçu, en synergie avec les autorités nationales.

À Abidjan, le CEPICI (Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire) a accompagné l’intégration du projet. En tant que guichet unique de l’investissement, le CEPICI a facilité les démarches administratives et validé la cohérence stratégique du projet avec le Plan National de Développement.

Vision stratégique du Président de la République

Cette dynamique s’inscrit dans la vision stratégique du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, dont le leadership visionnaire place la modernisation des marchés financiers au cœur de la transformation économique du pays.

C’est en s’appuyant sur cette orientation présidentielle que le SPECI, représentant économique de la Côte d’Ivoire aux États-Unis, a mené des recherches ciblées pour identifier une solution technologique de souveraineté financière, aboutissant à la sélection de PayServices comme partenaire clé.

Le projet ITAM s’est ainsi structuré à partir de cette impulsion présidentielle, avec le soutien actif du CEPICI, de l’APBEF-CI, de la Banque des Dépôts du Trésor – ACCD et de plusieurs institutions nationales, qui y voient un levier majeur pour positionner la Côte d’Ivoire comme un acteur central et respecté dans l’écosystème financier africain.

Une validation technique et institutionnelle solide

À la suite des instructions du Ministre des Finances, plusieurs séances de travail ont été menées avec les services compétents de l’administration, permettant de confirmer la faisabilité technique, la conformité réglementaire et la pertinence économique du projet.

L’APBEF-CI (Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers de Côte d’Ivoire) a également été un acteur clé de la phase de concertation. Ce sont 42 banques ivoiriennes membres qui ont été réunies pour une présentation détaillée de la plateforme ITAM, de ses mécanismes, de ses bénéfices et de son interopérabilité avec les systèmes bancaires existants.

Enfin, la Banque des Dépôts du Trésor –ACCD, qui joue un rôle central dans la gestion des avoirs publics, a été associée à la conception opérationnelle du projet, afin d’assurer son intégration fluide dans le dispositif de gestion de la trésorerie nationale.

Un soulagement attendu pour les banques face aux sanctions de non-conformité

Ces dernières années, de nombreuses banques opérant en Côte d’Ivoire ont exprimé leurs inquiétudes croissantes face aux sanctions et amendes infligées pour des manquements en matière de conformité, qu’il s’agisse de lutte contre le blanchiment de capitaux, de contrôle des flux financiers transfrontaliers ou de respect des normes internationales. Ces pénalités pèsent lourdement sur les établissements, tant sur le plan financier que réputationnel.

Le projet ITAM apporte une réponse directe à cette problématique, en introduisant un processus standardisé de conformité qui respecte à la fois les exigences de la législation ivoirienne et les normes internationales (surtout les normes américaines), notamment celles du GAFI et des régulateurs américains.

La plateforme intègre un système d’identification, de traçabilité et de vérification robuste, conçu pour anticiper les risques, sécuriser les opérations et protéger les institutions financières contre les sanctions externes.

Ce cadre opérationnel a d’ailleurs fait l’objet d’un examen approfondi par les autorités américaines, dans le cadre d’échanges diplomatiques menés par la représentation des États-Unis en Côte d’Ivoire.

Ces autorités ont salué la démarche, la technologie et la méthodologie mises en œuvre, considérant ITAM comme une initiative structurante, crédible et conforme aux principes de bonne gouvernance financière internationale.

Une initiative structurante, complémentaire aux solutions existantes

Il est important de préciser que le projet ITAM ne se confond pas avec des initiatives comme TrésorPay ou TrésorMoney, qui sont des outils sectoriels développés pour des cas d’usage spécifiques liés à la digitalisation de certains paiements publics. ITAM, quant à lui, est une infrastructure nationale globale, conçue comme un écosystème financier souverain, interopérable et conforme aux standards internationaux.

Là où TrésorPay facilite des paiements ponctuels ou ciblés, ITAM permet la gestion unifiée, en temps réel, de l’ensemble des flux financiers de l’État, y compris les recettes, les obligations, les titres d’emprunt, les transferts de la diaspora, les opérations d’import/export et les mécanismes de conformité bancaire.

De plus, ITAM connecte tous les acteurs de l’écosystème financier – banques, fintechs, institutions publiques, investisseurs – via une plateforme unique, sécurisée, hébergée localement, et conçue pour évoluer avec la réglementation nationale et internationale. Les deux approches ne sont donc pas concurrentes, mais différentes dans leur périmètre, leur ambition, et leur portée stratégique.

Un outil de souveraineté et de transformation économique

Le projet ITAM vise à moderniser profondément la gestion financière de l’État à travers :

• une plateforme 100 % digitalisée, hébergée localement sur des centres de données Tier 4,

• un système d’identification unique (ISUF) pour chaque acteur économique,

• une traçabilité complète des flux financiers,

• une interopérabilité entre les banques, les services publics, les entreprises et les investisseurs,

• l’accès en temps réel à la comptabilité publique,

• et une inclusion financière de toute la population.

Ces dispositifs permettront de mobiliser jusqu’à 5 600 milliards FCFA de recettes non-fiscales d’ici 2028, grâce à une meilleure captation des flux, au rapatriement des recettes d’exportation, et à l’ouverture de nouveaux canaux de financement, y compris pour la diaspora et les marchés étrangers.

Formaliser l’informel : un enjeu national, une réponse technologique

En Côte d’Ivoire, le poids du secteur informel reste un défi majeur pour l’économie nationale. De nombreux opérateurs économiques – commerçants, artisans, transporteurs, PME, plateformes numériques – évoluent hors des circuits officiels, rendant difficile leur contribution fiscale, leur accès au financement ou encore leur inclusion dans les politiques publiques de développement. Ce manque de structuration engendre des pertes significatives de recettes pour l’État, tout en freinant la croissance et la bancarisation de millions de citoyens.

Le projet ITAM apporte une réponse innovante et pragmatique à cette problématique. Grâce à une interface simple, accessible depuis un smartphone ou un ordinateur, ITAM permet aux opérateurs informels de s’enregistrer, de sécuriser leurs transactions et de se connecter à l’économie formelle sans se déplacer et sans lourdeur administrative ni contrainte technique.

C’est un outil d’inclusion économique massif, qui facilite la transition de l’informel vers le formel, tout en respectant la législation ivoirienne et les exigences de transparence. Par cette approche, ITAM favorise l’élargissement de la base fiscale, l’inclusion financière et la cohésion économique nationale.

Un levier de conformité et d’attractivité internationale

ITAM intègre les standards internationaux de gouvernance, gestion des risques et conformité (GRC), inspirés des meilleures pratiques américaines. À ce titre, il constitue un atout décisif pour la sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise du GAFI, en renforçant la transparence, la lutte contre le blanchiment de capitaux et la surveillance des flux transfrontaliers.

En se dotant d’un tel outil, la Côte d’Ivoire se positionne comme un hub africain de services financiers, capable d’attirer les investisseurs, de sécuriser les opérations internationales et de renforcer les échanges économiques avec les pays Africains, l’Europe, les États-Unis et tous les autres continents.

Un projet prêt à démarrer, en attente de validation politique

Tous les éléments sont aujourd’hui réunis pour que ITAM entre en phase opérationnelle :

• le cadrage stratégique est finalisé,

• les conventions sont prêtes à être signées,

• les partenaires techniques et financiers sont mobilisés,

• et la phase de déploiement peut débuter sans délai.

En attente d’une décision politique et de signature des conventions, plusieurs banques ivoiriennes ont déjà relancé le promoteur car celles-ci veulent pouvoir bénéficier des outils techniques présentés avec le projet afin que celles-ci se mettent en conformité avec les meilleurs standards de conformité en la matière. Le lancement prévu en janvier 2025 est ainsi reporté, retardant les bénéfices économiques et institutionnels que cette plateforme est censée générer.

Un appel à la vision et à la responsabilité

ITAM est parfaitement aligné avec les priorités du Plan Stratégique de Modernisation et de Développement (PSMD 2024-2028) du Ministère des Finances. C’est un outil structurant, stratégique et souverain. Il répond à des enjeux concrets :

• maximiser les ressources nationales,

• renforcer la transparence budgétaire,

• assurer la souveraineté numérique,

• et redonner à l’État un pouvoir de régulation efficace et reconnu dans le monde entier.

ITAM représente une opportunité stratégique pour la Côte d’Ivoire. L’adopter, c’est franchir une étape décisive vers une économie plus souveraine, plus innovante et pleinement positionnée comme acteur de référence sur la scène financière africaine.


Le 03/04/25 à 11:27
modifié 03/04/25 à 12:39