Lutte contre la tricherie : Des élèves sensibilisés à Yopougon

Les meilleurs élèves de l'établissement d'accueil ont également été récompensés.
Les meilleurs élèves de l'établissement d'accueil ont également été récompensés.
Les meilleurs élèves de l'établissement d'accueil ont également été récompensés.

Lutte contre la tricherie : Des élèves sensibilisés à Yopougon

L’Ong Agir contre la tricherie (Act) a organisé une Journée d’excellence, le 2 avril, à l’Institut LKM de Yopougon Ananeraie. La rencontre s’est articulée autour du thème : « L’excellence au prix de l’effort et de la résilience ». La cérémonie avait pour double objectif de sensibiliser les élèves à l’importance du mérite et du travail et de distinguer les meilleurs élèves de l’établissement.

Le conférencier du jour, l’artiste-chanteur Kajeem, a ouvert la rencontre par un témoignage personnel sur son parcours, notamment sur les préjugés entourant la profession musicale : « Chez nous, on pense que ce sont ceux qui ont échoué qui deviennent musiciens », a-t-il relevé. Avant d’expliquer qu’il a suivi cette voie par passion, après des études en langues et en musique.

Selon l’artiste, il est important d’allier ambition et discipline : « Un rêve seul ne vaut rien s’il n’est pas soutenu par la rigueur et les moyens pour le réaliser. » Il a par la suite illustré ses propos par des anecdotes et des questions : « Qui accepterait d’être soigné par un médecin qui a triché pour obtenir son diplôme ? » Par cette interrogation, l’artiste a mis en évidence les dangers d’une réussite obtenue sans mérite.

Selon Kajeem, si l’on banalise la fraude scolaire, cela aura des conséquences graves, car chaque tricheur d’aujourd’hui pourrait devenir un professionnel incompétent demain qui mettra l’avenir d’une société tout entière en péril. « Quand ça nous profite, on appelle ça un arrangement. Quand ce sont les autres, c’est la tricherie », a-t-il déploré.

Au-delà de la dénonciation de la tricherie, Kajeem a insisté sur l’importance de l’éducation et de l’effort personnel. Il a rappelé que les connaissances acquises sont un bien plus précieux que n’importe quelle richesse matérielle. « On peut vous voler vos vêtements, vos appareils, votre argent. Mais la seule chose qu’on ne pourra jamais vous prendre, c’est ce que vous avez dans la tête. », a-t-il encouragé les élèves.

Kajeem a également interpellé les élèves sur l’usage des nouvelles technologies : « Vous avez Google dans votre main, et vous demandez encore la définition de certains mots. Il est nécessaire d’exploiter Internet et les réseaux sociaux comme des outils d’apprentissage et non comme des moyens de tricher et de contourner les efforts. » a-t-il souligné.

S’adressant aux jeunes filles, il a insisté sur l’importance de l’éducation dans leur émancipation : « Aujourd’hui, vous avez accès à des privilèges que d’autres générations n’avaient pas. Saisissez cette opportunité et imposez-vous. », a-t-il encouragé. Pour sa part, Karim Arsène Ouattara, directeur de l’Ong Act, a insisté sur le fait que la tricherie constitue « un fléau qui mine l’Education nationale ».

Selon lui, les autorités éducatives ivoiriennes sont pleinement engagées dans une lutte pour l’éradiquer. Il a affirmé que cette conférence était une opportunité pour ces élèves d’être sensibilisés par des voix expertes et engagées.

À l’issue de la conférence, une cérémonie de récompense a distingué cinq élèves ayant obtenu les meilleurs résultats académiques de l’établissement. Ce moment, riche en émotions, a mis en lumière le mérite du travail et de l’effort des lauréats.

MARINA ZEGBEHI (Stagiaire)