Dr Yao Nathalie (Aibef): "Les méthodes contraceptives ne rendent pas stériles"
Dr Yao Nathalie (Aibef): "Les méthodes contraceptives ne rendent pas stériles"
Elle dit être revenue de la Consultation régionale des Organisations de la société civile (Osc) engagées dans le repositionnement de la planification familiale (Pf) dans les pays du Partenariat Ouagadougou(PO), qui s’est tenue en juin dernier à Ouagadougou au Burkina Faso, « satisfaite ». Mieux, pour Dr Yao N’dry Nathalie, directrice des programmes de l’Association ivoirienne pour le bien-être familial (Aibef), puisque c’est d’elle qu' il s’agit, aujourd’hui, les préjugés relatifs à la pratique d’une méthode contraceptive (stérilité), ne devraient plus freiner une femme. Puisque « scientifiquement, il est prouvé que les méthodes contraceptives ne rendent pas stériles », a-t-elle assuré. Entretien
Que retenez-vous de la Consultation régionale ?
A l’issue de cette Consultation, nous nous sommes rendu compte que mettre en place la coalition locale n’est pas aussi compliqué que nous le croyons. Nous pensions qu’il fallait des textes réglementaires. Mais au vu des expériences des autres pays, le partage des échanges, nous nous sommes rendu compte qu’une charte ou les termes de références suffirait à formaliser la coalition.
Quels sont vos projets dès votre retour en Côte d’Ivoire?
Nous partons d’ici satisfait, parce qu’avec le plan d’action proposé, il s’agira de mettre l’accent sur la mise en place de la coalition locale dans un premier temps. Elle va consister à faire la cartographie de toutes les ong qui interviennent dans le domaine de la Santé sexuelle et de la reproduction (Ssr), avec l’accent mis sur la planification familiale. Nous allons également nous rapprocher de nos partenaires techniques et financiers du domaine, et aussi du secteur privé pour leur adhésion et appui à la coalition. Des rencontres- échange pour discuter des modalités de la mise en œuvre de cette coalition et y aller.
Élaborer avec les membres de cette coalition un plan d’action, que nous nous ferons fort d’exécuter d’ici le mois de décembre pour pouvoir enregistrer des changements. Notables. Sinon booster les choses au niveau de la Côte d’Ivoire, qui seront partagées à la conférence de Cotonou en décembre prochain.
Au plan local, quelles sont vos difficultés en tant que point focal?
La difficulté majeure se situe dans le départ du point focal principal. L’ancien directeur exécutif qui n’a pas pu exécuter le plan d’action avant. En effet, le choix du point focal mettait l’accent sur l’individu et non sur la structure de provenance. Toute chose qui ne favorise pas l’appropriation du partenariat par la structure. Au vu de cela, dans cette nouvelle configuration, nous avons mis l’accent sur les structures. C’est -à dire qu’elles abritent le point focal. Ainsi, il y a des répondants… Même après le départ d’un des membres, le relai est assuré. C’était le problème majeur.
Les méthodes contraceptives seraient une des causes de la stérilité ? Sinon qu’est -ce qu’on doit retenir ?
Les bienfaits de la planification familiale (Pf) ont été scientifiquement prouvés. La Pf a pour objectif de donner une bonne santé à la mère et à l’enfant. C’est en cela que la femme qui accouche a l’obligation d’observer un repos pour retrouver son état d’avant grossesse, avant de prendre une nouvelle grossesse. Et cela dans un intervalle de deux ans entre deux grossesses qui équivaut à trois ans entre deux naissances. Scientifiquement, il est prouvé que les méthodes contraceptives ne rendent pas stériles. L’utilisation d’une méthode contraceptive entraine un repos momentané et réversible de la fonction de procréation. Cette fonction reprend quelques semaines après l’arrêt de la méthode. En Côte d’Ivoire l’indice de fécondité selon Eds 2011-2012 est de 4,7 soit environ 5 enfants par femme.
Isabelle Somian
Isabelle.somian@fratmat.info
Propos recueillis à Ouagadougou